DÉFI 5 / Une université innovante, assumant pleinement sa responsabilité sociétale et environnementale

L’exigence de soutenabilité financière est indissociablement liée à une conception de l’université, orientée délibérément vers l’avenir et vers les services qu’elle peut rendre, sur le long terme, à la société. La stratégie de la nouvelle université s’inscrit délibérément dans une double perspective de développement durable et d’innovation sociale. Inscrivant son projet stratégique dans le long terme, l’université unique doit mobiliser sa communauté et ses partenaires autour d’une politique de développement durable, qui concerne l’ensemble de ses missions et de ses secteurs d’activité : formation, recherche, innovation, transfert, vie universitaire.

5.1. L’immobilier comme élément stratégique majeur d’une politique de développement durable
La politique immobilière, conçue comme une source d’attractivité et de bien-être des usagers et des personnels, est un des leviers de cette mutation. L’université en tant que propriétaire et affectataire doit être capable de fixer sa stratégie immobilière, de préciser ses objectifs de rationalisation et de rendre les arbitrages sur les projets de réorganisation des locaux à l’aune d’indicateurs d’activité et de performance partagés par la communauté universitaire. Les objectifs doivent en particulier inclure la performance énergétique raisonnée et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une responsabilisation des occupants dans la gestion des locaux devra également être recherchée via notamment la mise en place de stratégies participatives sur les éco-comportements et d’intéressement à la performance. La démarche d’éco-campus facilitera la mise en synergie de l’ensemble des personnels, usagers et partenaires autour d’un projet impliquant aussi bien des projets de recherche, des programmes pédagogiques que des actions de réhabilitation immobilière et la diffusion de pratiques et de comportements responsables. Le projet ambitieux implique ici encore comme condition nécessaire de sa réalisation la mise en œuvre d’un mécanisme de financement récurrent qui mobilisera la totalité des ressources possibles.

5.2. Une université totalement engagée dans la révolution numérique
Comme les autres secteurs de l’économie et de la société, l’université s’inscrit dans l’ère du numérique. Elle doit être à même contribuer à la diffusion la plus large des usages du numérique au sein de la société du XXIe siècle. Le développement du numérique doit en effet être appréhendé comme une véritable mutation paradigmatique perçue en tant que telle par la nouvelle université qui mettra en œuvre une politique du numérique coordonnée selon trois niveaux. Le premier niveau, celui de la formation a pour double objectif l’appui à la réussite des étudiants via la mise en œuvre de dispositifs pédagogiques nouveaux pour lesquels l’étudiant est davantage acteur de sa formation, et le renforcement de l’attractivité de l’établissement en permettant de toucher un public plus large. Le second niveau, celui de la recherche concerne d’une part la mise à disposition de la communauté scientifique d’infrastructures de type mésocentre, des supports techniques et des applications susceptibles d’accroitre les performances de la recherche, et d’autre part le développement d’une recherche ayant pour objet spécifique le numérique dans ses dimensions technologiques, économiques, juridiques, managériales et sociétales. Le troisième niveau est celui du développement des usages non seulement dans les domaines pédagogiques et scientifiques mais aussi administratifs avec l’objectif de contribuer pleinement à l’écosystème auvergnat autour du numérique.

5.3. Une université acteur majeur du nécessaire dialogue science-société
L’objectif premier de l’université unique est bien la volonté d’assoir en Auvergne une université de plein exercice. Cette université n’est pas simplement un opérateur de formation et un partenaire scientifique quelconque. Elle doit assumer pleinement une mission auprès de la société, celle de diffuser le plus largement possible le savoir, la connaissance et une culture scientifique et critique. Être un acteur majeur du dialogue entre science et société, c’est assurer un continuum formation-recherche-innovation ; c’est former les scientifiques, les cadres, les ingénieurs et les techniciens de demain ; c’est favoriser le transfert de technologie et contribuer à la formation continue des adultes. Mais c’est également inscrire au cœur de son action la diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle, auprès de publics divers et par différents canaux, notamment par le numérique. C’est enfin et peut être surtout concevoir un projet d’établissement largement ouvert sur le monde et sur l’avenir.