La recherche

Structuration de la recherche de l’Université Clermont Auvergne et nouvelles synergies

Le projet

La recherche est le socle indispensable à la qualité des formations, à la lisibilité et attractivité d’un établissement, et à sa dynamique d’innovation. C’est ce qui, partout dans le monde, construit la réputation d’une université, et qui attire alors les meilleurs étudiants à tous les niveaux (post-bac, Master et doctorat, ainsi que pour le recrutement des enseignants-chercheurs). La structuration de la future Université en Collegia, espaces de coordination des structures de formation et de recherche dans un ensemble scientifique donné, doit favoriser la mise en cohérence des stratégies de formation et de recherche et l’émergence de thématiques interdisciplinaires et innovantes.

Elle doit avoir l’objectif permanent de l’excellence disciplinaire dans toute la diversité de la recherche, de l’interdisciplinarité intégrant la mutualisation des moyens, de la créativité et de l’ouverture vers le monde socio-économique. Au-delà de l’image nationale et internationale de la nouvelle université que permettra de diffuser un tel objectif, le développement de cette politique de recherche est un élément important pour la mise en œuvre et la réussite de la fusion. Le travail initié par le PRES/CUE sur la politique scientifique de site en est l’illustration. Il a démontré combien la recherche peut permettre d’initier un dialogue, de faire se rapprocher les individus et les champs disciplinaires, de proposer une structuration thématique lisible qui doit s’inscrire dans la durée pour in fine aboutir à des projets synergiques dont la performance ira bien au-delà de celle assurée par les seules compétences individuelles développées isolément.

Dans cet esprit, la nouvelle université doit préserver et approfondir, par le biais de conventions et de processus « d’UMRisation », des liens forts avec les organismes de recherche. Sur un autre niveau, elle doit également entretenir des relations d’étroite coopération avec les Collectivités Territoriales, et inscrire ses activités de valorisation dans une collaboration avec la Maison Innovergne et la SATT-GC. Résolument tournée vers l’international, elle doit également être un acteur majeur de la politique scientifique du site et de son développement socio-économique, et devra également s’inscrire pleinement, en termes d’identités et de complémentarités, dans la future grande Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà du soutien aux structures et activités existantes, il importera également de dégager sur les moyens dédiés à la recherche ceux qui permettront de soutenir l’émergence de nouvelles thématiques, pour maintenir la dynamique et l’innovation tout en sachant éviter la dispersion thématique. Ce soutien participera à ce quela politique scientifique de la nouvelle université imprègne les formations et l’environnement socio-économique et donne aux étudiants une image forte et attractive de l’université.

Ainsi, la réunion des deux universités en une nouvelle université doit permettre de générer de nombreuses plus-values scientifiques, dont par exemple :

      • un continuum Biologie-Technologie-Santé allant de la recherche fondamentale à la recherche translationnelle et clinique, et permettant des relations plus fortes entre le secteur de l’ingénierie et le milieu médical. Ceci constituera un atout remarquable en termes de cohérence (intégrant les relations avec les établissements de soins : CHU, CJP) et d’innovati
      • des synergies accrues dans le secteur de la Chimie, du Droit-Economie-Gestion ;
      • le renforcement des synergies entre les EPST, CNRS, Inserm, INRA et IRD, via les UMR de la nouvelle université ;
      • un renforcement des relations entre la MSH et le Pole Droit-Economie-Gestion ;
      • un Collège des écoles doctorales plus fort et plus cohérent, en particulier grâce à une meilleure articulation dans le cadre des collegium des Masters entre eux, et à une meilleure visibilité au sein de la nouvelle université.

 

La structuration

La structuration de la recherche doit s’appuyer en premier lieu sur des socles disciplinaires « cœur de métier » forts et reconnus, et qui s’inscrivent de manière cohérente dans les Collegia de la future université.

Des regroupements d’unités existant actuellement pourront être envisagés avec trois objectifs : éviter d’éventuelles redondances thématiques, générer de véritables plus-values scientifiques, renforcer nos liens avec les EPST (UMRérisation).

Au delà de ce maillage disciplinaire, l’une des priorités de la future université sera de s’appuyer sur le caractère pluridisciplinaire (quasi-omnidisciplinaire) du site pour y développer chaque fois que cela est souhaitable l’interdisciplinarité. Ceci sera facilité par l’existence des collegium et pourra prendre la forme de pôles, d’instituts, de fédérations de recherche ou de réorganisation de laboratoires, en fonction du champ de recherche concerné. D’ores et déjà, on peut identifier les domaines suivants (qui ne sont en rien exhaustifs) :

Technologie-santé

La fusion des deux universités permet, d’une part, de disposer du continuum complet en matière de biologie-santé, de la biologie fondamentale jusqu’à la recherche clinique, et d’autre part, de mieux coupler les enjeux technologiques et cliniques, dans les domaines de la robotique, de l’imagerie, de la modélisation, des TIC ou des biomatériaux. Cet axe constituera une priorité pour l’université unique. Il pourra conduire à des regroupements de laboratoires et à la formation de nouveaux Masters.

Recherche sur le cancer

La recherche sur le cancer est abordée actuellement par différents laboratoires dont c’est soit le cœur de métier, soit qui l’abordent dans le cadre d’études plus générales et fondamentales. Cette thématique est déjà structurée dans le cadre de la politique de site par le domaine transversal « Recherche sur le cancer » qui a abouti début novembre 2014 au lancement du projet CaP (« Cancer Prostate en Auvergne ») sous l’égide du cancéropole CLARA. Au niveau de l’université unique, cette structuration pourrait prendre la forme d’un « institut du cancer » qui regrouperait l’ensemble des acteurs concernés, pouvant aller au-delà des sciences de la vie et de la santé.

Microbiologie et écologie de la santé

La thématique « Microbiologie » représente un potentiel scientifique important au sein de la future université. Elle concerne plusieurs laboratoires et associe différents EPST (INRA, CNRS et Inserm) autour de deux grands axes « Microbiologie-santé » et « Microbiologie-environnement ». Plutôt que de faire un seul gros laboratoire de microbiologie, il semble préférable de structurer cette communauté autour d’un pole ou d’une fédération qui permettra de travailler sur la thématique de l’ »Ecologie de la santé » qui est une priorité au niveau national.

Chimie-Santé 

Dans le champ de la Biologie/Pharmacologie académique, une des lacunes est certainement l’absence de lien étroit avec la chimie afin d’ouvrir plus rapidement les résultats de la recherche fondamentale vers la synthèse de candidats médicaments. Sur un site où l’industrie pharmaceutique occupe une place importante les mondes de la chimie et de la Biologie/Pharmacologie pourraient bénéficier de la création de l’université unique pour amplifier les relations existantes, fédérer les forces et donner au site une image d’innovation thérapeutique intégrant monde académqiue et socio-économique. Un Institut Chimie-Santé pourrait être mis en place dans cet objectif.

Secteur Sciences Humaines et Sociales

Le regroupement des deux universités est une opportunité pour mieux structurer le secteur des SHS au sens large, et en particulier de développer, les relations entre la MSH et les laboratoires qui sont dans son périmètre actuel, avec les champs de l’économie, de la gestion et du droit. L’animation du défi ATTRIHUM, labellisé dans le cadre du CPER 2015-2020, et le développement de projets pluridisciplinaires transversaux peuvent constituer des leviers de cette structuration.

 

L’ouverture internationale, condition sine qua non d’une recherche au plus haut niveau, sera également l’un des engagements prioritaires de la future université et devra répondre à deux grands objectifs : d’une part, mieux articuler les politiques internationales de recherche des laboratoires et la politique internationale au niveau de l’établissement, et d’autre part, structurer nos relations internationales autour d’un nombre limité de grandes universités de recherche dans le monde afin de mieux concentrer les moyens mis en jeu et donc de gagner en visibilité, tout en permettant à chaque laboratoire de développer ses propres collaborations en accord avec la réalité de la recherche de terrain.

Cette politique à l’international sera faite par les Directions des Relations Internationales et de la Recherche, en articulation avec le futur « Pole Europe » du site.

La politique de valorisation et de transfert se fera en étroite collaboration avec la politique scientifique et au plus près de l’activité des laboratoires afin d’assurer le continuum recherche-transfert. La future université se positionnera comme un interlocuteur privilégié de la SATT-GC pour tous les projets soumis à maturation, tout en conservant la maitrise de la gestion de ses contrats de recherche collaboratifs, et travaillera avec l’ensemble des acteurs locaux d’innovation, industriels ou clusters. Les plateaux techniques seront gérés dans le cadre d’une politique de site afin de valoriser les compétences et d’optimiser les couts et les taux d’utilisation. Un lieu unique (au moins sur chacun des sites géographiques de la future université) accueillera, sous la forme d’un Hub de l’Innovation, l’ensemble des activités valorisation et transfert, incluant les start-up hébergées. Enfin, le partenariat économique sera encouragé par la création de laboratoires partagés et un accès facilité au potentiel de compétences offert par l’université.

La diffusion de la communication scientifique, technique et industrielles (DCSTI) est une mission essentielle de l’université et permet de rendre visible la recherche effectuée dans nos laboratoires. Notre communauté universitaire devra se mobiliser pour amener le grand public à mieux comprendre les enjeux sociétaux amenés par les progrès techniques. Les actions menées en direction des jeunes publics permettront également de les éveiller aux sciences et aux carrières scientifiques.

En étant un acteur important et incontournable de la DCSTI, la position de l’université se trouvera renforcée auprès des collectivités locales, des entreprises et des autres établissements de recherche. Cette communication pourra prendre la forme de notes de presse, d’articles de vulgarisation, de vidéos, d’expositions itinérantes qui valorisent la recherche de nos laboratoires, de conférences-débats et de participation à des manifestations grand public.

Cette politique sera mise en œuvre par un Pôle territorial de coordination et d’animation de la diffusion de la culture scientifique et technique, coordonnant l’action des différents acteurs – notamment celles des laboratoires, de différents services de la future Université (Culture, Communication, Documentation) et du Pôle éditorial numérique (POLEN).

Le management de la recherche et de l’innovation

Le pilotage et la gestion de la recherche devront être conçus pour permettre de réaliser au mieux les objectifs décrits précédemment. Ainsi, les outils administratifs et de gestion doivent être au service de la recherche, dans un esprit de simplification, de minimisation des contraintes, avec la volonté de soulager les chercheurs pour libérer leur créativité. Le développement des partenariats avec le monde socio-économique, le montage de projets européens et internationaux supposent une aide en matière d’ingéniérie et de suivi, qui pourra se structurer en relation avec la cellule commune de valorisation et le pôle de développement européen et international prévus dans le cadre du contrat de site.

Nouveau périmètre de la recherche à l’UCA – document à télécharger